Le mythe de l’oignon héréditaire (FR)

Tel que promis, voici la traduction française de l’article écrit par le podiatre Dr. Ray McClanahan sur les oignons (hallux valgus) et leur hérédité potentielle, publié en anglais sur le site web de sa compagnie, Correct Toes. Une lecture très intéressante avec plusieurs pistes de réflexion pour quiconque ayant soi-même ou connaissant quelqu’un avec des problèmes d’oignons!


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En dépit du fait que la communauté médicale a fait des progrès dans la prise en charge de nombreuses conditions médicales courantes, le traitement des oignons (hallux valgus) est encore enfermé dans l’âge des ténèbres.

Les étudiants en podologie d’aujourd’hui se font enseigner que les oignons sont un problème de structure osseuse héréditaire, nécessitant une chirurgie pour une guérison totale. […] Ils sont encouragés à recommander des chaussures très larges à leurs futurs patients, ce qui ne résout pas le problème [NB. Au contraire, une chaussure trop large n’est pas mieux qu’une chaussure trop serrée; frottements, ampoules, orteils qui se cramponnent/sont projetés vers l’avant, déroulement du pied atrophié, etc. – nous reviendrons là-dessus plus en profondeur dans un prochain article].

Cette perspective représente la norme actuelle de soins dans l’éducation et la pratique en podologie, mais est-elle fondée sur des preuves? La réponse courte est non. […]

Les humains ne sont pas nés avec des oignons. Dans tous les cas, sauf certains cas extrêmement rares, les bébés naissent avec des orteils qui s’écartent plus largement que la voûte plantaire. Nous semblons même respecter cette réalité anatomique en fabriquant des chaussures pour bébés qui ont la même forme que celle de leurs pieds. Cependant, vers l’âge de trois ans, nous commençons à changer la forme des pieds des enfants en les ajustant à des chaussures qui ne respectent plus l’anatomie naturelle du pied et qui serrent les orteils ensemble. Nous commençons à les ajuster à des chaussures qui sont plus larges au niveau de la voûte plantaire et non où le pied est plus large; au bout des orteils. C’est là que commencent les oignons.

Tout au long de leur vie, la plupart des humains vivant dans des sociétés où l’on porte des chaussures vont continuer d’acheter des chaussures qui sont plus larges au niveau de la voûte plantaire et plus étroites au niveau de la boîte d’orteils. Cela se produit car la plupart des chaussures mises à leur disposition sont fabriquées de cette façon, et que le système actuel pour mesurer le pied, le dispositif Brannock, mesure la largeur des pieds au niveau de la voûte plantaire. Presque tous ont les pieds déformés par leurs souliers dès le début de leur vie, nous empêchant de réaliser qu’il n’y a rien de naturel à la forme de nos pieds. Nous avons créé une nouvelle norme, non sans conséquences négatives significatives, qui se manifesteront éventuellement sous la forme de douleurs et d’handicaps.

Un groupe de chercheurs de Harvard a récemment publié un article sur la Framingham Foot Study dans Arthritis Care & Research, où ils ont conclus que les oignons sont hautement héréditaires. Le problème avec leurs conclusions est qu’ils n’ont pas contrôlé les chaussures que leurs sujets de recherche portaient et avaient porté toute leur vie. En employant le même raisonnement que celui qu’ils ont utilisé, nous pourrions conclure que les longs cous sont hautement héréditaires chez les femmes au Bangladesh qui portent des anneaux autour de leurs cous, ou que les crânes en forme de cône sont hautement héréditaires dans les tribus africaines qui bandent étroitement les crânes de leurs nourrissons. Nous n’observons pas ici la corrélation. Nous identifions clairement la causalité. Les anneaux en laiton causent les cous allongés. Le bandage serré du crâne cause des têtes plus longues. Les chaussures qui déplacent le gros orteil causent des oignons dans presque tous les cas.

Si les chercheurs de Harvard avaient regardé les chaussures utilisées par leurs sujets tout au long de leur vie, ils verraient que ce qui est héréditaire, c’est en fait les pieds qui sont plus larges que la plupart des souliers que ces personnes ont portés tout au cours de leur vie. Nous vérifions cela avec tous les patients qui entrent dans notre clinique en utilisant le test de la chaussure et nous avons vu que près de 100% des patients atteints d’oignons ont des pieds plus larges que leurs chaussures. Nous leur disons que leurs chaussures sont plus étroites que leurs pieds, et ils confirment qu’ils ont toujours eu de la misère à trouver des chaussures pour leurs pieds larges.

Une autre caractéristique héréditaire qui joue dans le développement des oignons est l’élasticité des tissus mous. Cela donne à certains pieds l’habilité de revenir à leur forme naturelle après avoir retiré les chaussures à bouts pointus et à d’autres de prendre plus rapidement la forme de pied contre-nature de la chaussure en permanence.

En résumé, les oignons sont évitables et sont des dislocations progressives de l’articulation du gros orteil, causées principalement par les chaussures à bouts pointus. Ils sont en fait même sujets à la récidive et à l’échec lorsque ces méthodes sont appliquées sans la nouvelle méthode scientifiquement crédible de prévention et de renversement des oignons [NB. C’est-à-dire les chaussures orthopédiques avec une boîte d’orteils ergonomique, un support plantaire bien adapté, des écarteurs d’orteils et même des exercices bio-mécaniques].


Cet article était le premier d’une série de trois articles traitant sur les oignons écrits par Dr. Ray. Nous tenterons de publier les traductions des articles suivants suite à leur parution en anglais. 

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